Le foot en questions par Jul et Jim

Journée 71

9 Septembre 2017 , Rédigé par Jul & Jim

Peut-on excuser un gars qui vendange un coup-franc alors qu'il a dit "laisse" ?

Journée 71

Si on aime les gestes techniques réussis, les trajectoires courbes dignes de Roberto Carlos, Platoche, Juninho et consorts, si on vénère le foot brillant de maîtrise, NON, on ne peut pas excuser la frappe qui quitte le stade, la région, le pays, emportant avec elle la dignité du frappeur et les espoirs du public. Mais si l'on n'aime pas Michel Solier, OUI, on excuse le frappeur indigent. Mieux, on l'applaudit en secret. Et là, votre sourcil froncé indique que vous n'avez qu'une idée imprécise de qui est Michel Solier. Michel dit aimer son club mais ne paie jamais 14 euro pour une place, faut pas déconner. Or, ce soir, il a récupéré l'abonnement de son beau-frère et s'est installé derrière les buts, rang 16, siège 63. A la mi-temps, Michel a une fringale après avoir insulté ses propres attaquants pendant 45 minutes. Mais comme il n'est pas con, il laisse les habitués se ruer à la buvette. Lui, il sait, Michel, à la BNP il fait pareil à la machine à café du 4e. Il attend. Un furet, le Mimi. Et quand les 22 acteurs reviennent sur le pré, il dévale les 16 rangées et s'achète une double merguez sauce algérienne frites avec une Buckler en 50 cl, après tout c'est la fête. Il est certain de ne rien manquer d'important, vu les chèvres qui gambadent sur le pré. Et l'ascension de la tribune commence alors que l'arbitre siffle coup-franc. Et Michel reste concentré pour ne perdre ni une frite ni un centilitre de bibine sans alcool. Et La balle s'élève, bien au dessus du but, direction le public. Et Michel ne la voit pas venir. Elle le frappe dans le dos, bien à plat. Les patates, la sauce, le pain et la bière s'envolent et s'éparpillent sur les escaliers. Michel a la figure mouchetée de sauce. Il ne reviendra plus au stade. Merci au N°11 d'avoir dit "laisse". Il n'a pas fait honneur au foot mais a débarrassé le stade d'un bon gros débilos. C'est toujours ça.

Partager cet article

Commenter cet article